mercredi 18 mars 2020

Stop ou encore ? L'avenir du blog

J'avais écrit ce texte avant la période de confinement. C'est drôle, je commençais cet article par "Après l'Apocalypse, après ma décision de faire un break avec Mademoiselle B., la question était de savoir si ce break serait temporaire ou définitif".
"L'Apocalypse" prend désormais un tout autre sens !! ... Même si, comme dirait ma cousine, nous attendions tous une Apocalypse zombie et l'anarchie, et on se retrouve avec du télétravail et une pénurie de PQ. (La vie n'est qu'une succession de déceptions).

J'avais écrit ce texte en me disant "Je le posterai plus tard". Et "Je me laisse le temps d'y réfléchir". "Je le posterai au plus tard le 30 mars". 
Vu les événements, vu que je suis confinée seule chez moi, à me demander si un jour ou l'autre je devrais aller "au cas où" enterrer tous mes couteaux au fond du jardin, je me dis que c'est peut-être le moment (et au pire, ça m'occupe un peu)
...Même si soudain, parler de ce qui s'est passé il y a un mois (seulement un mois !!!) me semble complètement déconnecté de la réalité et presque insensé.

Cela dit, il faut bien rattraper ce qui n'a pas encore été raconté. 

vendredi 14 février 2020

L'oeil d'Isaac

Isaac avait décidé d'ouvrir son blog - exercice littéraire en miroir du mien, et moyen de donner sa version des faits.
Exercice que je trouvais très intéressant - a-t-on vraiment souvent cette possibilité là, dans une vie, de se raconter l'un l'autre ce qu'on a vécu ?

mardi 11 février 2020

Histoires d'Airbnb : Jean-Claude, le détendu

Jean-Claude a réservé très longtemps à l'avance, environ deux mois avant d'arriver. Il m'a envoyé tellement de messages pour savoir s'il fallait qu'il achète des pneus neiges, si je pensais qu'il allait neiger/geler, que je me suis dit qu'il s'était trompé dans les dates, et qu'il arriverait la semaine prochaine.
Mais, non, les dates étaient bonnes.
« Je suis un homme très prévoyant », me dit-il.
« Le problème étant que la météo n'est pas prévoyante deux mois à l'avance, alors je ne pourrais pas vous répondre au sujet du temps ».
Cela dit, il devait travailler à 5 minutes (top-chrono) de chez moi, et n'avait en aucun cas besoin de se faire des nœuds au cerveau pour la route - d'autant plus que je suis loin d'habiter l'Alaska, il peut se détendre.
Il a pris mon numéro de téléphone "pour m'appeler quelques jours avant pour être sûr", et s'il n'y avait pas eu les commentaires élogieux sur sa page, je me serai vraiment inquiété. Cela dit, je sentais arriver le relou.
Il a finalement acheté 4 pneus neiges.
Parce qu'il est prévoyant, 'voyez.

lundi 10 février 2020

L'horloge biologique


Mon petit frère est né en février 2005. 
J'avais quasiment 18 ans, à 3 mois près. 
J'étais en terminale.
J'ai vu, en tant que presque adulte, en tant que fille en âge de procréer, la réalité de l'arrivée d'un enfant. J'ai pris soin de lui lorsque ma mère travaillait et que mon beau-père ne voulait pas s'en occuper, et j'essayais en même temps de suivre mes cours et de préparer mon Bac.
Ce n'était pas une période facile, loin de là : je me souviens de toutes ces fois où je suis arrivée au lycée en larmes, d'autant plus qu'on ne s'entendait plus avec mon beau-père et qu'il me disait « Dès que tu as 18 ans, je te mets dehors ». 
J'ai pu mesurer à quel point un bébé bouleverse une vie, un foyer - et paradoxalement, je me souviens aussi m'être dit, en changeant mon petit frère « C'est incroyable, il a pris naturellement sa place ici, c'est comme s'il avait toujours été là ». 
Les habitudes viennent automatiquement, tout comme la prise en compte de sa présence et de ses besoins.

Pour autant, ça m'a calmé : même si je n'étais que sa sœur, je voyais à quel point il fallait toujours avoir un œil sur lui, à quel point il nous accaparait, même les premiers mois, lorsqu'il dormait beaucoup.
Moi qui fantasmais la maternité, j'ai vu la réalité derrière l'idée d'être mère, et j'ai réalisé que je n'étais absolument pas prête à un tel engagement. 
Je me suis dit que beaucoup de femmes qui décidaient d'avoir un enfant n'étaient sans doute pas préparé à cette réalité non plus.

Et je ne parle même pas de la réalité de la grossesse, qu'on nous montre comme un état de béatitude permanent, et dont j'ai constaté l'autre réalité en allant visiter le service de néonatalogie, qui m'a tout simplement épouvanté.