mardi 1 janvier 2019

La route [Bilan 2018, début 2019]


Si quelque chose a rythmé mon année, c'est cette route : qu’elle a été le support de mes moments forts, et elle a partagé mes émotions. J’ai rarement le temps de me poser et de laisser mon esprit vagabonder – sauf au volant. Et cette route, silencieuse et calme, a quelque chose de rassurant et de propice à la réflexion.

Je passais déjà parfois par cette route avant de déménager, donc elle m’a aussi accompagnée dans ce grand changement de vie. Je ne l’emprunte pas chaque jour pour aller travailler, ce qui l’a rend encore un peu plus spéciale.

Elle m’a accompagné lors de mon retour de sortie avec Sharon, lorsque j’ai appris que mon ex, Charles-Henri, m’avait quitté pour une autre (et non pas parce que tu es végétarienne (slash)  ta façon de vivre est différente de la mienne (slash) je ne sais pas vraiment). Cette route m’a entendu crier, pleurer, hurler, manquer d’air, et avoir envie de mourir.

Je crois que cette route restera à jamais marquée par cet ouragan d’émotions violentes que j’ai ressenti ce jour-là. J’y repense parfois, et je me dis, calme et un peu effrayée « J’étais dans un état terrible, comme rarement ça a pu m’arriver ». 
Mais ça restera notre secret à toutes les deux.
Une autre fois où j’ai eu une envie terrible de tuer, mourir, hurler à en prendre le ciel à témoin, j’étais sur une autre route – les routes, toujours les routes… Je repense avec nostalgie à cette route qui allait de Sète à Marseillan, et qui, à l’époque, longeait la plage. J’étais saisonnière pour l’été, c’était il y a plus de dix ans, et cette route, que j’ai arpenté peut-être 5 mois de ma vie, restera associé à des moments très forts de mon existence, au rythme des CD que j’écoutais à ce moment-là et sur lesquels j’ai gravé des émotions indélébiles. Cette route n’existe plus – ou, tout du moins, elle ne longe plus la plage.
Déjà à l’époque, j’aimais à en mourir et je souffrais à en crever – je n’ai jamais été une personne de nuances.


Après la crise, j’ai pu reprendre le sport, que j’avais dû arrêter après une blessure, et je rentrais en passant par cette route. J’ai commencé à faire de la boxe, et je crois que ça a été le début de ma remontée. Je me souviens de cette première séance, où je suis rentrée à plus de 22h, un 14 février, et je me sentais vraiment bien. « Galvanisée », m’étais-je dit.
Cette route a été témoin d’instants de sérénité, où je me disais « Je me sens bien. Je crois que là, tout de suite, je suis heureuse ».

Jusqu’à mon voyage à la Nouvelle-Orléans, et son lot d’imprévus et de rencontres, et notamment celle de Miguel. Cette route – et dans l’ensemble tout ce qui formait ma vie – n’avait plus vraiment d’importance pour moi. Je l’empruntais sans la voir, je l’arpentais sans y faire attention, pendant quelques mois, jusqu’à mon voyage au Brésil, pour revoir Miguel.
Un voyage que j’ai idéalisé, une vie que j’ai voulu réinventer… Mais pas lui.

Au retour, j’ai déserté cette route, car ma salle de sport fermait, les cours de boxes étaient suspendus, et dans l’ensemble, j’ai sombré dans une très profonde déprime.
Lorsque la vie a repris son cours, que la rentrée a eu lieu, j’ai repris ma routine – travail, sport, boxe, la route m’a vu haineuse et désespérée. Elle m’a vu rentrer de soirées où rien ne me semblait avoir de sens, elle m’a vu m’interroger sur la possibilité d’y mourir. Ça ne semblait pas si fou, de laisser cette route me prendre, et me garder pour toujours.
Vivre était tellement insupportable.
Et puis j’empruntais cette route pour aller chez ma psy – et surtout en revenir. Car c’est toujours le retour qui est important, que l’on parle de sport ou de séance chez la psy : quand je reviens plus riche, plus songeuse, plus détendue, meilleure qu’à l’aller. Et que la sérénité du lieu exacerbe mes réflexions.

En été je vois le soleil s’y coucher, bas, orange et éblouissant.
Parfois la pluie me cache une grosse partie du paysage.
En hiver, j’y attends la neige, qui sublime le paysage, et recouvre tout d’un manteau encore plus silencieux que d’habitude. J’aime les tempêtes de neige, aux flocons tourbillonnants. Je prends alors mon temps pour rentrer ; par sécurité, et aussi pour la beauté intemporelle du moment.
Sur cette route, je me sens parfois seule au monde ; la route et moi, au volant de ma petite voiture, et au son de la musique que j’ai pu écouter cette année, et qui a coloré mon histoire. Ces musiques que je réécouterais plus tard, et qui feront remonter les émotions de ces instants disparus.

La proximité de la foret fait que j’ai croisé également d’autres habitants de cette route : un cerf, une portée de renardeaux dont les yeux luisaient dans le noir. Et autres lapins et mulots. Nous nous croisons sans nous connaitre, mais toujours sur cette même route.
C’est aussi sur cette route que j’ai arrêté de vouloir mettre fin à mes jours. Je guéris de mon rêve fou de partir vivre à l’étranger pour suivre un inconnu que j'ai trouvé beau comme s'il avait été créé pour moi ; je le fais en observant la beauté du paysage, et en me disant que cette route, parfois dorée sous le soleil, parfois blanche de neige, parfois juste noire de nuit, m’aurait manqué. Elle et moi avons partagée trop de choses, et ce n’est pas encore fini. 
J'essaie de réapprendre à vivre, et j'expérimente sans me soucier de la morale ou du qu'en-dira-t-on, Une transe sous LSDune soirée qui dérapent gentiment entre amisdu sexe pour le sexe en soirée libertine. Et la décision salvatrice de couper court avec ce qui m'empoisonne, mon dernier lien avec mon ex

C’est sur cette route que je me dis, un peu nostalgique « J'espère que je saurais regarder mes folies avec tendresse, et être heureuse de mes choix - qu'importe la finalité, juste me dire "J'ai été au bout des choses". Peut-être qu’un jour, je ressentirai à nouveau cette sérénité, ce sentiment que je vais bien et que je me sens heureuse, comme j’ai pu parfois le ressentir cette année ».

C’est ce que je me souhaite pour l’année qui arrive, et c’est ce que j’attends, patiemment, en faisant comme si j’étais sûre que ça arrivera.


En attendant, Bonne Année à tous, et (faites) que vos vœux se réalisent !

vendredi 21 décembre 2018

Soirée en Club Libertin (2/2)

Première partie : Soirée en Club Libertin (1/2)

L'entrée du Club est du genre porte blindée et sonnette.

Une femme nous ouvre, très gentille. Nous allons au vestiaire ; Les portables et autres appareils photos sont formellement interdits, et nous devons laisser toutes nos affaires.
Ce que je trouve plutôt rassurant.

On rentre dans la grande salle, où il y a moins d'une dizaine de personnes.
Petite gêne.
La lumière est tamisée, la musique pulse. Il y a des banquettes et un petit buffet où l’on peut se restaurer à volonté.

On décide de faire le tour des lieux. Il y a plusieurs étages, des "coins câlins", qui sont des banquettes/lits recouverts de skaï, une salle de douche magnifique, le tout dans une ambiance très feutré.
L'organisatrice est au fumoir et discute avec des habitués – j’avoue être un peu déçue qu’elle ne nous accueille pas et qu’on doive visiter par nous-même. J’aurais aussi aimé qu’on puisse aborder les règles de la soirée, le déroulé… J’aime savoir où je mets les pieds – mon cavalier d’un soir en revanche, préfère la découverte.

On finit par s’installer près du bar, sans trop oser regarder les autres, sans trop savoir quoi faire. Du coin de l’œil, on jauge les gens présents, qui sont un peu plus nombreux que tout à l’heure : deux couples, quelques hommes seuls, un groupe d’amis. Peu de femmes. Ils sont tous plutôt quarantenaires voir quinquagénaires, et l’on se dit qu’on voit la réalité derrière le fantasme.

D’autres personnes arrivent. On commence à discuter avec un couple, qui doit avoir la trentaine. C’est facile de briser la glace finalement : « Vous êtes déjà venu ? Vous venez souvent ? ». Le garçon est plutôt bel homme, et la fille est une superbe métisse aux jambes interminables.

Plus tard, on discute avec un autre couple, cette fois plutôt d’une soixantaine d’années. L’homme me fait penser à un gentil pharmacien. Sa femme, qui affiche discrètement son âge par des rides d’expressions, a un corps à tomber par terre, sublimé par une robe très ajourée.

Mon cavalier retourne discuter avec le couple de trentenaire, et au bout de quelques secondes, ils montent tous les trois.
« Ah ouais, simple comme ça ?! » me dis-je.
Je rage un peu de ne pas avoir saisi ma chance - moi aussi elle me plaisait, la jolie métisse.


 Je panique un peu : Je me retrouve seule et je ne sais pas trop quoi faire de moi. Il y a un mec sublime, genre 25 ans, chemise impeccable qui laisse deviner une musculature entretenu, mais je n’ose pas l’aborder – et là je me sens superconne : je suis là pour consommer, on est tous là pour ça, et je n’ose pas lui dire « Hé salut ! ».

Je retourne voir mon couple de pharmaciens soixantenaires bienveillants (que j’ai décidé de considérer comme des mentors), en leur demandant concrètement « comment ça marche ? ».
Ils m’expliquent qu’il n’y a pas de règles : ça peut être formulé frontalement (« on monte ? »), ça peut passer par des regards, des gestes. Ça peut aussi être en haut : aller voir un couple qui s’ébat, caresser la peau, se laisser inviter.

J’essaie de rassembler du courage, mais finalement je n’oserai jamais aller aborder ce bel éphèbe – une partie de moi, je crois, crains et le refus, et la déception.
Je retourne m’installer au bar, et je reprends un verre – peut-être que ça me donnera du courage ?

Un homme arrive, et me dit qu’il était assis sur ce siège. Je m’excuse, et redescend. Il se précipite : Non, je ne disais pas ça pour ça, je vous en prie, restez assise.
Il m’offre un verre de champagne. On commence à discuter. Jonas est un homme trapu, aux épaules larges et au coup épais, très élégant, et au sourire absolument charmant. Je réalise que tout le monde regarde tout le monde du coin de l’œil, car il est capable de retracer tout ce que j’ai fait de ma soirée, et quasiment l’heure exacte où mon cavalier est monté avec l’autre couple.
Une femme se joint à nous, et nous discutons. Sylvie est tactile, douce et très gentille.

Et puis l’organisatrice regroupe les troupes : allez, tout le monde en haut !

Que va-t-il se passer ?

Je comprends bien vite qu’elle organise une orgie et que, tel un chef d’orchestre, elle donne à chacun un rôle. J’observe avec fascination. Il y a ceux qui veulent participer, et ceux qui veulent juste regarder. Elle déshabille Sylvie, avec qui je discutais tout à l’heure ; elle interpelle son mari, très occupé à me caresser doucement les bras : « Hé François, qu’est-ce que tu fous ?! Rejoints nous ! ».
Et puis, jaugeant les hommes présents : « Bon, qui est-ce qui lui bouffe la chatte ? »
François me regarde, mi-navré, mi-rigolard : « C’est tout elle : la grande classe ! »

Jonas, qui me caresse également, me propose de redescendre, car il n’est pas à l’aise. On laisse donc l’orgie suivre son cours, et on repart prendre un verre.
Et Jonas parle.
Parle.
Parle.
Parle.
Parle.
Parle.
Jonas me fatigue un peu, j’avoue. Il prétend adorer lécher les femmes, être très bon à ça, adorer embrasser, être doux, sensuel, blablabla.
Comme il me saoule, et que je trouve qu’on a suffisamment parlé (enfin, lui en tout cas), je pose mon verre et je l’embrasse.
Mais à peine nos lèvres se sont-elles quittés, qu’il s’exclame, plein d’emphase : « Oh c’était merveilleux ! Je plane complet ! J’adore ! ». Et puis il se colle contre moi, et me dit « Laisse-moi te respirer ». Ce que dans l’absolu, je trouve sexy. Sauf que là encore, il en fait trop, et plonge dans mon cou, en beuglant « Je veux te humer ! ».
Et puis « Tu es tellement jolie. Aux premiers abords, on ne s’en rend pas compte. Et puis tu as l’air timide, presque effacée, et sage – on se dit que tout tes tatouages là, c’est une erreur. Mais en fait quand on te regarde vraiment, on se dit que tu es naturellement belle, juste tout simplement belle ».
Il s’enflamme, il cri presque.
Si le compliment me fait plaisir, l’attitude m’exaspère un peu. Et j’ai surtout envie de voir si les compétences qu’il se prête sont véridiques.

Je lui propose de monter. On se trouve un coin câlin à l’écart, pendant que l’orgie suit toujours son cours. On s’allonge, on s’embrasse, on se caresse. Au bout de quelques minutes, on relève les yeux : une dizaine de personnes sont là, debout, à nous regarder, dans un silence absolu, le visage dissimulé par la semi-obscurité. C’est un peu déstabilisant.

Jonas décide de bouger « pour voir s’ils nous suivent », et on redescend au bar, avant de remonter dans un autre coin câlin. Rapidement, nos préliminaires se voient affublés d’une dizaine d’observateurs. Jonas continue de beaucoup parler, et quelqu’un me caresse très doucement les jambes – je pense qu’il s’agit d’une femme, tant le toucher est doux, mais non, c’est un homme aux traits asiatiques et au visage doux. Jonas parle, pose des questions, rit, dit des conneries, bref, il me fatigue, et je n’arrête pas de lui demander d’être plus doux, mais il ne peut pas s’empêcher de m’empoigner trop fort. Il voudrait que je cri, que je lui dise que son corps me plait, que je le supplie de continuer…. Ouais, ok, bon, stop. C’est relou là, je n’ai plus envie.

On redescend, je suis un peu blasée, et en même temps frustrée de n’avoir pas été jusqu’au bout. D’un autre côté, je préférerai me trouver quelqu’un d’autre – mais il m’a fait promettre que « cette nuit, c’est juste lui et moi », et me voilà coincée [Note pour plus tard : ne jamais promettre une connerie pareille].
L’orgie est fini, tout le monde est redescendu et danse à moitié nue. Jonas prend l’organisatrice à parti, lui disant « N’est-ce pas que j’ai la plus belle femme de la soirée à mon bras ? Elle est belle hein ? ». Elle me regarde, un peu décontenancé, et je lui retourne un sourire embarrassé. Ouais, ce mec n’a pas trop compris où il se trouvait. Je me dis que, pour une fois que je cherche du sexe sans possibilité de voir intervenir des sentiments, il fallait que je tombe sur un type qui s’attache à moi. C’est quand même un comble.
Il boit encore, et continue de parler.
Je soupire.

Je retrouve mon cavalier, qui est officiellement « mon mari », comme le qualifient les autres participants (notre histoire s’étoffe malgré nous), et il me propose de rentrer : il est 2h du matin, lui a un baptême demain matin et prend le train à 8h.

Je suis un peu frustrée de ma soirée, mais je rentre avec lui. Jonas insiste pour prendre mon numéro de téléphone, que je lui donne [Note pour plus tard : ne jamais refaire une connerie pareille].
Sur le chemin qui mène au métro, on débriefe. Clairement, il a bien mieux géré sa soirée, et il a évolué dans ce monde comme un poisson dans l’eau.

Moi, je ne sais qu’en penser. J’ai le sentiment d’avoir fait des tas d’erreurs, et d’avoir très mal abordé cette soirée : Je me suis sentie obligé de tenter quelque chose avec quelqu’un, j’ai paniqué, je n’ai pas abordé les personnes que je voulais vraiment, il y avait finalement très peu de monde à cette soirée (une trentaine maxi à l'apogée de la soirée) et très peu de femmes, ce qui a amené un très fort déséquilibre. Ça n’était pas très festif non plus, malgré la musique, personne ne dansait, ce qui accentuait cette impression de « devoir faire quelque chose ». J’ai suivi Jonas et ses pérégrinations et ses emphases, et, du coup, je me suis empêchée de voir d’autres choses. Je n’ai rien vu de l’orgie, pourtant ça m'aurait plu - et y participer, peut-être. J’ai le sentiment d’être passé à côté de ma soirée.

J’ai pu en discuter après coup avec Clarissa Riviere, un peu plus familière que moi des soirées libertines, et identifier ce qui m’a gênée. Au final, je pense que j’ai mal choisi la soirée, j’aurais dû opter pour quelque chose de plus grand, de plus festif, de plus dansant.

A charge de revanche, donc !

PS : Et concernant Jonas, il m’a noyé sous les messages pendant plusieurs jours : « La soirée n’a plus été la même après ton départ » ; « j’espère te revoir » ; « Je renouvelle mes messages même sans l’influence de l’alcool : tu me plais beaucoup ».
C'était vraiment, vraiment, vraiment pas une bonne idée de lui laisser mon numéro.

vendredi 14 décembre 2018

Soirée en Club Libertin (1/2)

Je suis partie du postulat suivant : je suis très déprimée, au point de ne plus avoir réellement envie de vivre.... Alors c'est peut-être l'occasion de sortir la liste de "tout ces trucs que je dois faire avant de mourir" ?
Peut-être qu'ainsi, je vais réapprendre à aimer la vie ?

Cette fois-ci, j’ai voulu m’attaquer à une curiosité, un fantasme : Quid des soirées libertines ? Des orgies ? Du sexe libre et assumé ?

Comme beaucoup de monde, j’avais beaucoup d'idées préconçues à propos des « Clubs Échangistes », et autres endroits de débauches, que j’imaginais glauques, et…. Glauques. Plein de gens louches, et humides.
Ou, à l’inverse, j’imaginais ça à la Eyes Wide Shut, des endroits hyper classe avec uniquement des gens beaux comme des Dieux et qui baisent tout pareil.


Puis je me suis intéressée de plus près à ces milieux, histoire de démêler la fiction de la réalité. J’ai lu des retours d’expériences, des livres, j’ai suivi quelques bloggueuses, notamment Clarissa Rivière et Eve de Candaulie, qui ont publiés des retours d'expériences.
La réalité étant déjà plus proche, j’avais un aperçu des "Clubs Libertins" (nom que l’on préférera plutôt à "Club Échangiste") un peu plus nuancé. 

Et puis en creusant encore plus, en regardant les règles de ces soirées et de ces lieux, différentes choses m’ont hallucinée :
- Les lieux sont presque toujours « friendly » : gay, trans, etc. C’est open, c’est tolérant, c’est libre. (Notamment parce que nos fantasmes peuvent être divers et variés et que personne n'a a juger cela ?)
- Le respect est au centre de la préoccupation : consentement obligatoire, et la femme à le pouvoir. Si elle dit « non », c’est « non », et interdit d’insister – d’ailleurs si le mec insiste, le staf le fout à la porte. C’est clair, net et précis.
- Les participants sont invités à maîtriser leur consommation d’alcool pour continuer à être maître de soi (et ne pas virer gros lourd, donc). Sinon c’est pareil : dehors.
- Dans l’ensemble, les femmes ont tout à gagner à sortir en Clubs Libertins : bien souvent, l’entrée est gratuite, c’est Open Bar, et les relous n’existent pas.
De plus, tu vois un beau mec, tu as envie de te le faire… Eh bien il n’y a littéralement qu’à demander. 
- Evidemment, ce n'est pas parce que c'est une boîte à baise, que les participants sont tenus de le faire. Personne n'est obligé à rien.

C’est assez drôle de confronter les idées reçues à la réalité. Car finalement, les libertins sont bien plus respectueux et tolérants que les "bien-comme-il-faut" !

J’ai donc cherché par quelle soirée commencer. Est-ce que j’y vais seule ? Dans l’absolu, ça ne m’effraie pas (surtout après avoir vu les règles de base des soirées libertines). Plutôt Club ? Plutôt Soirée Événementielle ? Plutôt dans ma région ou ailleurs ? Paris a une communauté libertine très, très développée, et plein de soirées festives, est-ce que ça ne serait pas mieux ? Car l’idée de peut-être tomber sur des gens que je connais m’a un peu donné des sueurs froides…
Ce que j’ai réfléchis et analysé par la suite, en me disant que c’était une réflexion idiote, car à partir du moment où tu vas en soirée libertine, tu acceptes les règles tacites… Et nous partageons tous le même secret !

Et puis finalement, les choses se sont mises en place d’elle-même : le mec de Copine#1 voulait réaliser ce fantasme de Club Libertin (Copine#1 pas du tout, par contre), il habite Paris, il n’ira jamais seul mais aimerait m’accompagner. Comme ça je n’y vais pas seule, je ne rentre pas seule non plus, et si ça ne va pas, il est là. On décide de se faire passer pour un couple (ce qui nous amuse beaucoup), et bien sûr, on pose la règle de ne pas être aux mêmes endroits aux mêmes moments.

J’opte pour une soirée spéciale (comprendre "nom déposé") dans un Club assez connu, notamment dans le milieu SM.

Auparavant, j'ai voulu contacter l'organisatrice pour avoir plus d'infos sur le déroulement de la soirée (et si c'était ouvert aux débutants), et je n'ai jamais réussi à l'avoir au téléphone - mais elle m'a envoyé un message pour me dire : « Ok, pas de soucis, vous êtes invités tous les deux, l'entrée sera gratuite et ce sera open bar. A samedi ! ».
Ah ouais.
D'accord.
Ça c'est de l'accueil princier !

J'avoue avoir été très très très fébrile avant d'y aller, presque proche du malaise : une partie de moi se disait « C'est super excitant ! », et l'autre se disait, grosso merdo « Ohmondieuohmondieuohmondieu ».

La tenue était assez codifiée : tenue élégante pour les hommes, sexy pour les femmes (jupe ou robe, pas de pantalon - c'est souvent la règle, et c'est peut-être le seul point faible de ces soirées).

J'ai donc cavalé sur mes talons hauts à peine descendu du train, accompagné du mec de Copine#1, et nous gloussions de concert en essayant de nous figurer dans quoi nous allions mettre les pieds.

(à suivre)

mercredi 5 décembre 2018

Et démissionner de l'Association

Suite à mes états dépressifs assez profonds, je suis suivie de près par une psychologue. Si nos premiers contacts m'ont laissés dubitative, et peut-être un poil haineuse ("cette femme n'a aucune empathie. Je crois qu'elle me hait. Je suis sûre qu'elle me juge. Je pense que je vais arrêter"), il s'avère en fait que cette femme n'a peut-être pas d'empathie, n'a certainement aucune pitié, est absolument tyrannique et m'oblige à me confronter à mes pires failles, mes hontes, mes traumatismes. Et elle ne me laisse pas ressortir tant que je n'ai pas été au bout des choses.
Bref : je l'aime.
Mais cette thérapie est un putain de chemin de croix quand même. 

En peu de temps, j'ai affronté beaucoup de choses. Je crois que je suis fragile comme jamais - parce que je déconstruit tout, pour, j'espère, reconstruire mieux.
J'ai pu comprendre beaucoup de choses, grâce à elle.

Mon rapport au sport, par exemple. 
Auparavant je gérais mes émotions en me scarifiant, ou en me faisant mal, d'une manière ou d'une autre. Aujourd'hui je fais 20h de sport par semaine.
Elle insiste sur le fait que c'est tout de même mieux, et que c'est juste un autre moyen de gérer.
Moi, bornée, je retiens que le sport n'est qu'un moyen de me faire mal plus fort que mes émotions. Ça m'a beaucoup refroidit, et j'ai drastiquement ralenti la cadence.


Mes peines actuelles, qui me revoient à mes peines passées, et qui trouvent leur origine dans mon enfance merdique, et dans la violence que j'ai subit étant ado.
Qu'elle me fait revivre à en crever, m'obligeant à affronter la petite fille sous le bureau, et elle me tient la main pendant que je pleure toutes les larmes de mon corps.

Ma colère actuelle, mon désespoir, qui me renvoie à la haine à laquelle je m'accroche. 
Cheminement tordu : 
"Si je vais mieux, c'est comme si je pardonnais. Miguel, dans une moindre mesure, puisqu'il n'en saura jamais rien - c'est devenu une tristesse sans objet, une douleur qui se fane par la force des choses. Mais pas Charles-Henri, que je croise trop souvent - et qui a été le summum de l'irrespect envers moi. Si je pardonne, je le laisse aller. Mais si je laisse aller, je légitime ses actes. Or il n'y a aucune légitimité possible à ses actes. Donc je ne dois pas aller mieux".
Tout comme je ne peux pas laisser aller ce que j'ai vécu étant enfant. 
Et tout ça s'entrechoque, et les uns font échos aux autres, et me laissent exsangue. 
Ma psy a exulté : "Oui, vous mettez le doigt dessus !"
En effet, je mets le doigt sur le fait que je suis foutrement têtue, bornée… Et ça doit s'appeler "rancune", également. Une foutue rancune qui ne fait du mal qu'à moi.

Je ne sais pas comment venir à bout de cela, mais en tout cas, ce qui est certain, c'est que ce n'est pas en continuant à aller à l'Association que j'irais mieux. 
Après cette séance, j'ai réalisé que je n'irais pas mieux tant que je risquerais de croiser Charles-Henri, car une partie perverse de moi voudra être au plus mal juste pour qu'il se sente coupable (ce qui est stupide. Et indigne de moi. Et qui n'arrivera pas). Bien sûr, je pourrais m'entêter et dire que je surmonterais ça, ça serait plus glorieux (parce que vaincre sans péril, c'est triompher sans gloire - je suis Corneille si je veux).
...Mais ça fait deux ans que c'est terminé avec le-mec-de-la-salle-de-sport, et c'est toujours une putain de souffrance de le croiser chaque semaine à la salle - et il ne m'a pas fait la moitié du mal que m'a fait Charles-Henri. 
Conclusion : Je ne suis pas douée, avec le laisser-aller.
Et maintenant, écouter "Let it Be" des Beattles me rappelle Miguel.
Ça n'arrange rien.

Aller à l'Asso se résume à flipper avant d'y aller, paniquer en y étant, et pleurer en repartant. Mon échelle d'appréhension sera "Vais-je pleurer ou pas ?". Dans le meilleur des cas, je repars en me disant "Au moins je n'ai pas pleuré". 
Et jamais "J'ai passé une super soirée !".
J'étais bénévole pour m'engager, me changer les idées, m'amuser, faire quelque chose de positif. Désormais, je cherche un instant de grâce dans toute une soirée de torture... Et ça n'est pas le but. Le bénévolat ne devrait pas être une souffrance.
Sans parler du fait que je ne me sens plus à l'aise avec personne, à l'Asso, ayant continuellement l'impression que tout le monde est gêné en ma présence. Mais peut-être que je suis la seule à être mal à l'aise, et que tout est dans ma tête... Mais finalement, n'est-ce pas suffisant pour dire stop ?

J'ai donné ma démission par mail. Dans ma tête, j'étais déjà partie. J'ai écrit un message que je ne voulais d'abord envoyer qu'à Président. Puis je me suis dit que ça concernait les autres. Sauf Charles-Henri, peut-être. Et puis merde : je l'ai envoyé à tout le monde, point barre. Ça concerne tout le monde, ça explique pourquoi je pars, ça explique pourquoi l'Asso est devenu une telle épreuve pour moi, et pourquoi je pleure aux réunions.

Lisa m'a écrit dès qu'elle a lu le mail. "C'était très courageux de ta part de t'ouvrir à nous comme ça. Merci de l'avoir fait. Je te souhaite d'aller mieux car tu le mérites".
"Courageux", non, ça ne l'est pas. C'est juste ce que je ressens depuis presque 1 an, et je n'ai pas honte de ce que je ressens - c'est là, je n'y peut rien. 
Je n'ai pas non plus le courage d'affronter ça, ni de laisser aller, de pardonner, et visiblement je n'ai pas le courage d'aller mieux.
Mais maintenant je le sais.
Et en lâchant du leste, j'espère me donner la place et le temps de me recentrer, et de pardonner, non pas Charles-Henri, mais moi même. Parce qu'au final, en le haïssant lui, c'est moi que je blesse.