lundi 27 décembre 2021

L'autre fille

 Je mangeais avec une ancienne collègue et copine, qui était venu à cette fameuse soirée surréaliste où Le Joueur d'Echecs et moi avions officiellement entamé une liaison - et où j'avais officiellement arrêté de jouer la nunuche. Elle fait partie du staff du théâtre, et semble avoir d'ailleurs fini cette fameuse soirée avec le Napolitain canon, ce que je trouve irrésistiblement drôle.
Nous sommes en train de manger, quand soudain elle pose sa fourchette, et me dit d'un air hésitant :
- J'ignorais que vous étiez ensemble, ce soir là...
- Ah non non, mais alors t'inquiète, nous ne l'étions pas ! Pas à ce moment là en tout cas.
Elle a l'air surprise, me dit que pourtant, ça semblait tellement évident... Et aussi que presque tout le monde se sentait de trop autour de nous. [Je lui dirai qu'elle exagère, mais quand j'en parlerai à Pomme, elle acquiescera : « Ah non mais c'est clair, il y avait une insoutenable tension sexuelle quand vous étiez tous les deux, il était vraiment temps que vous vous sautiez dessus c'était insupportable ! ». Ah... Ah bon ?!] [Au temps pour mon jeu d'actrice nunuche, n'est ce pas]
Et là ma copine, avec un air coupable :
- Il faut que je te dise... Le joueur d'Echecs... A son sujet...

Et là, tu sais exactement que ce qui va suivre ne va vraiment pas te plaire.

lundi 20 décembre 2021

La Première Fois


Je suis sur un petit nuage depuis la soirée des 3 ans (a.k.a le remake de La Boum sur du Queen, en 2021 en ayant la trentaine bien entamée).
Je suis partagée entre la sidération de ce début de... quelque chose (mais quoi ?), le doute que ça arrive pour de vrai (un truc bien ? A moi ? Vraiment ?!), et la crainte que ça tourne très rapidement en eau de boudin.
En bonus : la certitude que tout va foirer au bout de 4 mois, à l'image de mes histoires de ces 5 dernières années.
Mais Bémol : j'ai le sentiment irrationnel que cette fois, ça ne se passera pas comme ça.(Horreur ! Ai-je le droit de penser ça ?! C'est tellement prétentieux !! Et irrationnel !)

Sinon, dans l'immédiat, c'est bruyant dans ma tête, mais j'ai juste envie de le revoir.

mercredi 15 décembre 2021

3 ans et un commencement

10 jours après le Dîner.

Ca fait plusieurs jours que je crève d’envie de le revoir, mais que je reste silencieuse, me morigénant : « C’est trop compliqué. Ca va mal finir, comme toujours. Plus d’hommes dans ta vie. Jamais. Tu n'as besoin de personne. Aucun homme n'en vaut la peine. Trop de risques, trop de douleurs. Tu n'as la place pour personne de toute façon. Ne te complique pas la vie ».
 
Il m'écrit, un mardi soir :
« Il faut ABSOLUMENT que tu viennes au bar du speed-dating  ce soir, c’est leur anniversaire, il va y avoir un super invité surprise ! »
« Ah oui ? Qui ? »
« Un invité SURPRISE »
« Ah oui ok d’accord »
Sauf que j’ai un spectacle ce même soir, une pièce de théâtre en italien façon Commedia dell’Arte, et que je ne veux surtout pas manquer ça.
 
Mais finalement, après ma pièce, il n'est pas trop tard, et je le rejoins.

lundi 6 décembre 2021

Le Joueur d'Echecs : Rencontre imprévue

10 jours plus tard , presque deux semaines après le rendez-vous au cinéma.

Je n'ai plus écrit, plus répondu. Je me sens stupide, mais c'est plus fort que moi, mes pensées rationnelles se heurtent à un monumental "Je ne peux pas".

J'ai, je crois, admis cette impuissance, et je me suis résignée.

lundi 29 novembre 2021

le joueur d'échecs : Un premier rendez-vous manqué

En réalité, ce n'était pas vraiment le premier rendez-vous : si l'on excepte la soirée improvisée du dimanche soir (où je m'étais cru enterrée pour toujours), je l'avais invité à un spectacle, pendant le festival littéraire où j'intervenais, car j'avais reçu une invitation pour 2. 
Spectacle sympa mais dans une salle glaciale, et qui se termine devant un thé brulant, servi dans une chope à whisky dans l'un des deux bars où nous avons nos habitudes, pendant qu'on essaie de retrouver des sensations dans nos orteils.
On y discute pendant des heures, et cette fois, il se passe quelque chose, il y a de l'électricité dans l'air, une tension. Nos yeux s'aimantent, nos mains se frôlent.
Lorsque je repartirais, nous passons clairement à un cheveu d'un premier baiser.

... Et ça me convient tout à fait de faire encore durer cette attente.

On se retrouve une semaine plus tard dans la ville voisine, où j'ai passé la semaine, à la fois pour des raisons professionnelles, à la fois pour m'éviter des trajets quotidiens et m'obliger à ralentir, me reposer et me dépayser. Il m'y rejoint, et on se promène dans la vieille ville et dans des parcs où les feuilles d'automne crissent sous nos pas 
Nous filons ensuite au ciné, cette fameuse séance de ciné que nous devions "rattraper".

Et là, c'est clairement l'idée la plus pourrie du monde.

lundi 22 novembre 2021

Fragment(ée)s (6)

Ce fichu NEZ !

Pour une raison que je peine à comprendre, (depuis Le Joueur d'Echecs ?!), mon odorat s'est surdéveloppé. 
Je pensais qu'il s'agissait de PMS, sauf que cela perdure depuis des semaines, voir s'amplifie. J'associais cela à un mode de vie sain - sauf que je mange mal, dors peu, et ne prend absolument pas soin de moi ni de ma santé. 
Et pourtant, je sens tout - TOUT.

mercredi 17 novembre 2021

Le Joueur d'Echecs


Confusion

Il n'avait pas répondu à mon premier texto.
Fair enough, m'étais-je dit.

En guise de rattrapage - et dernière chance, je lui ai donné rendez-vous un soir, au cinéma.
 

lundi 8 novembre 2021

La pièce de théâtre

J'ai participé à un atelier de théâtre. Deux weekend pour écrire une pièce sur nous et nos expériences de vie, une répétition générale, et la représentation le mardi. 
Cet atelier était animé par les créateurs de la pièce de théâtre qui m'avait enchanté - l'une des deux était la mégère, et autant dire qu'elle avait la langue bien pendue.
A peine quelques heures, pour monter une représentation de plus d'1h.
Je m'étais inscrite après Isaac, y voyant un défi, et peut-être un renouveau.
Entre temps il y a eu une 2e, puis un 3e confinement.
Et 1 an plus tard, j'y allais parce que la pièce m'avait plu.

Et parce que j'avais l'intuition de venir chercher quelque chose de très important et très profond.

vendredi 29 octobre 2021

Fragment(ée)s (5)


Retrouver le goût de vivre

 C'est une petite fille qui me fait renaitre à la vie : Lara m'invite à l'accompagner à une séance de bébés nageurs avec sa fille, qui a désormais 9 mois. Je suis rentrée (trop) tard la veille (et bourrée) (et j'ai voulu me raser les jambes et c'était une idée de merde), mais je me lève le dimanche matin à 7h pour vivre l'expérience.

Les mamans sont superbes, les papas sont beaux, parfois il y a les grand-parents. Les enfants barbottent dans un grand bassin plein de jouets, il y a des bébés qui ne tiennent pas assis mais qui rient dans les bras de leurs parents, d'autres qui se laissent voguer, heureux, dans des bassines qui flottent, ou qui jouent sur des tapis en mousse qui font office d'îles colorées. La petite de Lara est aux anges, et nous offre ses sourires où pointent deux petites quenottes toutes neuves. 

Je réalise que ça fait une petite éternité que je ne me suis pas sentie heureuse d'être en vie, reconnaissante des petits bonheurs ordinaires.
Cette expérience me fait retrouver ce sentiment de reconnaissante : être en vie, et vivre le moment.

Expérience théâtrale.

J'ai acheté une dizaine de spectacles de la nouvelle saison. Ce soir, c'était mon premier spectacle. J'embarque une copine de mon groupe de méditation, et nous voilà à nous rendre à cette représentation dont on ne sait rien, qui se passe, étonnamment, dans un hôtel de luxe.
Nous sommes tous installés dans un hall, où une mégère nous houspille et nous insulte, et nous fait mettre en ligne pour que des acteurs, habillés comme des grooms, nous emmènent chacun notre tour dans une chambre.  
Pour quoi faire ?!
On n'en sait rien et on tremble, d'autant plus que la mégère vocifère à qui mieux mieux.
- Toi, là, la bonne élève ! Tu te mets là ! Et avec ton ruban dans les cheveux, tu es ridicule ! Et adorable. Ridiculement adorable !
- Mais... J'ai jamais été une bonne élève....
- On s'en fout !
Un groom armé d'un fouet m'embarque. 
Je n'en mène pas large.
Dans la chambre, de grands voilages sont tendus au dessus du lit, il y a des fleurs accrochées après, et des petites guirlandes lumineuses.
"Allonges toi"
Je panique un peu, je lutte contre la tétanie, et je m'allonge gauchement.
Le type s'étend à mes côtés - la cinquantaine, une voix de stentor, des battoires à la place des mains, un air de dresseur de fauve. 
Et se met à me déclamer une poésie. 
Allongée, je regarde les fleurs et les lumières, pendant que le type termine par "Je t'aime, je t'aime".
J'ai les larmes aux yeux, et je sais que mes joues sont rouges. Etrange sentiment, mélange de conscience que tout cela est un spectacle, beauté des mots, superbe poésie, sublime déclamation, excellent acteur, et des mots qui font tellement de bien. Le type ne m'effleure pas (ma copine me dira que, avec elle, il a joué avec ses mains, j'en ai déduit que je ne dégageais pas quelque chose d'assez tranquille pour qu'il se sente libre de le faire. - et heureusement qu'il s'est abstenu).
Qu'importe : c'était superbe.

Je ressors de la chambre enchantée, et remercie chaleureusement le dresseur de fauve.
Au fur et à mesure que les gens ressortent, le même enchantement se lit sur leurs visages. Nous continuons de nous faire houspiller par la mégère, mais cette fois, nous sommes prêt pour un 2nd tour.

Je suis emmené par un très, très beau gars (assurément gay). Il m'emmène au premier, dans une chambre emplie de ballons. 
"Ce sera la chambre Gainsbourg". 
Il me fait allonger sur le canapé, et plonge ses yeux dans les miens, en déclamant "Puisque je te le dis".
Au milieu, il éteint la lumière, et m'embarque. Debout, il pose ma main sur son cœur, qui bat la chamade, puis m'allonge sur le lit, et termine sa chanson-conté. A quelques centimètres de mon visage, il murmure "je t'aime".

On ressors, il me raconte la genèse de ce morceau, je le remercie avec effusion.

Cette pièce, qui n'en est pas une, sorte de happening poétique et théâtral, est juste une expérience incroyable.

On prend un petit verre avec ma copine, et je salue les membres de l'organisation que je connais.
Quelques acteurs nous rejoignent, et discutent. 
Ils nous racontent des anecdotes : une femme qui a eu un fou rire nerveux, et qui ne parvenait pas à s'arrêter. Un mec qui a interrompu celui qui m'a déclamé du Gainsbourg pour lui dire "Oui, bon, c'est sympa ton truc, mais on a 5 minutes, ça te dirait pas qu'on baise ?". Une femme qui s'est mise à pleurer, incapable de gérer l'émotion, et qui a souhaité arrêter. 
Ils nous expliquent à quel point c'est également très intimidant pour eux, même si l'expérience est formidable, qu'ils adorent et qu'ils s'éclatent aussi. "Mais c'est beaucoup, beaucoup plus difficile que d'être simplement sur scène !".
Et mon deuxième acteur, de se tourner vers moi :
- D'ailleurs je suis désolé, je suis très mécontent de ma prestation avec toi !
- Ah bon ?! Pourquoi ?
Tu m'as impressionnée. J'ai pas réussi à être naturel
-  Ah bon ?! Mais...
- Je voulais absolument tout donner, ne pas te décevoir, parce que quand je t'ai vu, je me suis dit que tu avais l'air super sympa, et gentille, et je voulais que ça soit parfait, et du coup je me suis mis la pression, et... je ne suis pas du tout content. J'ai complètement perdu mes moyens. J'étais trop impressionné
Embarrassée, je laisse échapper un rire incrédule :
- Ah ben c'est bien la première fois que j'impressionne quelqu'un, tiens, ça me fait plaisir !
Pendant ce temps, ma pote me secoue le bras (après m'avoir broyé les cotes) en hurlant à l'acteur "Mais t'as tout à fait raison, c'est tout ce qu'elle est, super sympa et vraiment gentille ! Elle est trop chouette !".
(Je lui chuchote : "Du calme bichette, il vient de nous ire que ça fait 16 ans qu'il est avec son mec, mon gaydard est infaillible")

Je suis extrêmement flattée, bien qu'embarrassée, d'avoir réussi à autant impressionner un homme, qui plus est acteur professionnel, qui plus est on ne peux plus homo, au point qu'il en perd ses moyens, alors que dans l'ensemble je lui ai juste dit "Bonjour" et "D'accord".
Et qu'il voulait absolument tout donner avec moi. 
La question se pose encore et encore : mais en fait, je suis qui, et qu'est ce que les gens voient ?

En tout cas nous ressortons enchantées par l'expérience (et un peu pompettes), ce mélange de théâtre d'impro et burlesque avec la mégère, et ce shoot de déclarations d'amour

Je me suis inscrite à un atelier, animé par les deux créateurs de ce spectacle, où l'on doit monter, en groupe, un spectacle en quelques séances - puis le jouer. Ce sont deux "vieux de la vieille" du théâtre, des créateurs réputés et reconnus, bardé de récompenses. Plus que jamais, j'ai hâte de vivre cette nouvelle expérience.

Les projets

Je deviens modératrice, pour des rencontres dans un festival littéraire que j'idolâtre : un rêve qui devient réalité.
... Et un défi gigantesque, une pression monstrueuse.

Je le sais depuis déjà quelques temps (et je devais en parler dans un article, mais il fait partie de cette dizaine que je n'ai jamais réussi à finir), mais désormais j'ai mon programme. Ma charge de travail (bénévole, bien sûr) : 5 6 rencontres, avec à chaque fois au moins 4 livres à lire pour la préparer. Soit plus de 20 livres à lire en 1 mois. 
En plus de mon travail.
De mes locations.
Du projet théâtral.
De tout le reste.
Est-ce que c'était judicieux de faire ça maintenant ? Mille fois oui. Je retrouve gout dans le travail, je sais pourquoi je me lève le matin. 
... Pour l'instant du moins. 
Et pourtant, je réalise peu : le choc, en voyant mon nom et ma photo apparaitre sur le site. 
La surprise, devant le magazine de la ville qui me consacre une double page. 
La gêne, lorsqu'il faut répondre à une interview radiophonique. 
La trouille de me planter, de décevoir, de ne pas être à la hauteur... Et pourtant, pour cette mission spécifiquement, je sais que j'en suis capable. Et même, peut-être, que je serai bonne à ça.
Je reste interdite à nouveau en voyant le programme sur internet : "Avec Mademoiselle B.". "Oh putain, c'est moi !"
Lorsque je reçois le programme papier, ou mon nom apparait en rose, les larmes à nouveau.
Tellement, tellement d'émotions.
Ma boite aux lettres déborde d'ouvrages envoyés par les éditeurs, accompagné de petits mots courtois, ou adorables.
 
Je pourrais penser que je suis passé dans une autre dimension - et pourtant, je reste bien ancrée dans mon présent, et je suis juste infiniment reconnaissante, et heureuse que tout mon travail ai pu me conduire à cela. Cette place, je le sais, je ne l'ai pas volé.

Insomnie

Je me tourne et me retourne. Je suis épuisée, et pourtant, impossible de dormir.
Je pense à ma fatigue.
Je pense au fait que j'ai pris dix kilos, et que désormais je fais mon âge - voir plus. On m'a donné quarante ans, il n'y a pas si longtemps. 
Un an en arrière, on m'en donnait 25.
Je pense aux gens qui ont morflé, comme moi et que j'observe quotidiennement. Combien d'entre nous se sont fanés, ces derniers mois ?
Je pense aux raisons pour lesquelles je suis cassée, flétrie.
Non, pas aux raisons : aux personnes.
Je me remémore ces hommes que j'ai voulu tuer. Dans un monde parallèle, peut-être suis-je une meurtrière. Pour avoir bossé quelques mois en prison, j'ai observé que bien souvent, ce sont des accidents de parcours qui mènent les gens derrière les barreaux, et que rien n'est aussi simple que "il y a des méchants et des gentils".
Je réalise que je les aurais tous tués différemment.
Charles-Henri, je l'aurais poignardé dans le cœur - une fin aussi brutale et violente que la façon dont il m'a quitté.
Miguel, j'aurais flanqué sa voiture dans un camion - une disparition aussi spectaculaire que rapide, à l'image de notre passion éphémère séparée par l'océan Atlantique.
Isaac, je l'aurai étranglé lentement et fermement - à l'image de ces longs mois à étouffer et me déliter.
Suis-je une psychopathe qui s'ignore ? 
Probablement que non : ils sont toujours en vie, après tout. Certes, je n'en ai revu aucun après la rupture... Qui sait, finalement ?!

Deuxième massage thaï

Après la course, j'estime que j'ai mérité un nouveau massage, au même endroit que la dernière fois.
J'apprécie plus.
J'ai moins mal 
Je réalise que sous les doigts de cette adorable thaïlandaise, j'oublie la laideur de mon corps. Elle masse mes cicatrices, je ne me suis pas épilé, j'ai recommencé à me gratter l'intérieur des cuisses et j'ai des plaques violettes là où j'ai gratté trop furieusement... Mais j'oublie. Elle s'en fiche - du moins c'est ainsi que je le ressens, sans pouvoir expliquer pourquoi. Je profite juste de cette heure et demi, pour me reconnecter, me détendre, et oublier que je suis grosse et que je dégouline de partout.

La peur

Chaque jour, je pense au Joueur d'Echecs.
Je ne peux pas m'empêcher de me dire qu'il joue aux échecs, et que moi je les collectionne.
Pas la même chose.
Le matin je regarde le ciel, et je me dis que je vais lui écrire. Que c'est idiot, d'être paralysé par la peur. Que c'est rageant, que mon passé définisse mon présent.
Et puis le soir, éreintée par ma journée, blessée par mes rapports avec les autres, à vif, je me renferme, je me dis que non, les hommes c'est être blessée, trahie, humiliée, et que tout est mille fois plus compliqué et douloureux avec quelqu'un dans sa vie. Je fais taire la petite voix qui parle des points positifs, car pour moi, ça n'en vaut pas le voyage.
Ce matin là, j'ai eu ces pensées là en regardant le ciel, étonnamment bleu.
La journée fut pareillement épuisante, les deadlines se rapprochent, je suis débordée, les collègues tombent comme des mouches.

Je rentre heureuse d'avoir une mini soirée pour moi, quelques heures avant l'arrivée de nouveaux locataires. (J'en suis à pleurer de reconnaissance si j'ai 2h de liberté dans une journée)
Au volant de ma voiture - LA, EXACTEMENT ICI : tout se décide à ce moment.
Ca me frappe : ça s'arrêtera ici. 
Cette crainte irraisonnée, alors que le type me plaît.
Ce présent tremblant et hanté des évènements d'il y a un an, ce deuil de .. de quoi d'ailleurs ? De celle que j'étais alors ? De ma candeur ? De mon corps de jeune fille ? Ce deuil qui n'en fini pas, au point que je n'envisage même pas un simple contact, une amitié possible. 
Ça s'arrête là. 
Je m'arrête, j'écris un texto. 
Long, le texto. 
Et avant d'être engloutie par l'angoisse, je l'envoie.

Voilà, c'est fait 

... 3 semaines trop tard, sans doute. 
A sa place, je hausserai un sourcil et supprimerai le texto. Même dans mon propre espace temps, qui est en dehors du rythme trépidant du monde, j'ai beaucoup trop tardé.
À sa place, je ne répondrai pas.

jeudi 23 septembre 2021

Le speed-dating


On pourrait se demander comment je me suis fourrée dans cette situation, alors que les speed-dating sont has been depuis plus d'une décennie, que le concept est absurde et que, clairement; ça puait le plan foireux.

mercredi 15 septembre 2021

Fragment(ées)s (4)


Je réalise que je ne suis plus capable de noter mes petits bonheurs depuis juillet. Mon calendrier est tristement bloqué la veille de mon arrêt de travail, quand, en rentrant le soir, je me disais « Je crois que ça ne va vraiment, vraiment pas ».

lundi 6 septembre 2021

Fragment(ées)s (3)


Sortie en Alsace avec mes grands-parents et mon oncle, pour renflouer nos caves à vin respectives. Mission d'autant plus nécessaire qu'après avoir fabriqué un établi/table de jardinage dans mon sous-sol, 
j'ai installé un superbe casier à (90) bouteilles dans ma cave.

samedi 21 août 2021

Fragment(ée)s (2)



Triste travail

Après mes deux semaines d'arrêt, le retour a été fragile.
La masse de travail : colossale.
Le point de rupture : juste sous mes yeux.
Je ne pouvais pas. 
J'ai repris deux semaines, cette fois de congés. 

mardi 3 août 2021

Fragment(ée)s




                    













Partout
Des amours déçus
N'y a t il donc que des fantômes ?
Qui suis-je, alors
Hors de tout
Y compris de mon refuge
Bloquée
Et pourtant, une étincelle :
Moi ce que j'aime, c'est les Monstres !
Etonnamment, au premier jour
Une porte de sortie semble s'ouvrir
Vers les vivants ?
Tel est le projet

jeudi 1 juillet 2021

PMA pour toutes


23h40.
Je reçois un message de Pomme. Il y a écrit « ENFIN !!! », et un lien.
Je clique sur le lien, et découvre que la PMA pour toutes est désormais voté en France.
Je commence à pleurer.

jeudi 24 juin 2021

Trente quatre

C'était il y a un mois.
Je suppose que la bonne nouvelle, c'est que j'ai survécu à mes 33 ans. Tout le monde n'a pas eu cette chance, après tout : on en connait tous un qui a fini sur une croix, à cet âge là.

samedi 12 juin 2021

La tumeur


C'était il y a quelques semaines, peut-être un mois.

Lilith commence à sortir dans le jar... Non, correction : Lilith se précipite dehors pour aller foutre des branlées à Stella, le chat des voisins, puis ameute le quartier avec des gros "maouaou" désespéré car elle ne sait pas comment revenir à la maison. 
Elle m'apporte entre 3 et 5 mulots par semaine, et mon quota de sauvetage, autrefois héroïquement d'un sur deux, est désormais tombé à zéro. J'ai pourtant failli réussir mon coup une fois, mais le mulot terrifié m'a arraché un morceau de chair lorsque j'ai voulu l'attraper - j'ai crié de douleur et de surprise, Lilith l'a rattrapé et lui a cassé la nuque pendant que je pissais le sang sur mon parquet.

lundi 10 mai 2021

Il aurait eu 36 ans


Je ne le connaissais pas vraiment. 
Ce n'était pas un ami, ni un proche, ni même une connaissance.

lundi 15 février 2021

Ces deux jours où j'ai tellement assuré


Nous sommes fin octobre.
(Appelons-la) Mathilde, me contacte :
- Salut Mademoiselle B. ! Ca te dirait d'aller donner une formation à Triffouillis, à 300 km ? C'est ultra compliqué, j'ai déjà deux formateurs qui m'ont lâchés, mais je sais que ça t'intéresse d'orienter ta carrière vers...
Elle me flatte un peu ("Comme tu as donné des cours cette année..."), argumente intelligemment ("Vu que tu as rejoins cette asso professionnelle...."), mais globalement, elle n'avait pas besoin d'insister pour me convaincre : oui, j'ai beaucoup aimé donner des cours et des formations, et par ailleurs ça me fera un petit périple dans une ville inconnue (même si c'est Triffouillis), tous frais payé, et un salaire en plus qui mettra du beurre dans les épinards, en cette période de travaux, d'artisans, de factures, de dettes monstrueuses à rembourser et de menaces de contrôle fiscal.

Entre temps, le 2e confinement a lieu, et, sans savoir si j'irai effectivement donner cette formation, je m'investi corps et âme dans sa préparation. J'y passe mes soirées et mon temps libre, et soudain c'est comme si j'étais renvoyé 1 an plus rôt, pendant que je préparai le concours.
1 an, presque jours pour jour... Seulement ! J'ai beau recompter, c'est bien cela : 19 octobre 2019, je passais mon oral. Il s'est passé tant de choses depuis.... 
Et je me dis que, bien que cette formation me rende très anxieuse, rien ne sera aussi effrayant que passer ce fichu concours.

jeudi 4 février 2021

PMA or not PMA : Not in France, apparemment !


 J'étais déjà relativement peu confiante sur le fait de pouvoir poursuivre ce projet dans mon pays ; comme l'exprimait ma gynécologue, le temps que la loi passe, qu'elle soit mise en place, et que les banques de sperme soient prêtes à faire face à la demande, il fallait compter une réelle mise en application deux ans plus tard.

Pourtant, sans doute que je l'espérais...

jeudi 21 janvier 2021

Cette douleur au dos (la microkiné et les hommes) (2) : Ce que mon corps exprime malgré moi




 J'évoquerai ce mal de dos et cette séance de microkiné avec ma psy - en fin de séance, comme chaque fois que je balance une bombe en espérant qu'elle ne m'obligera pas à traiter le problème.

Elle prendra l'information avec un stoïcisme admirable.

lundi 11 janvier 2021

PMA or not PMA ? (2) : Les avis des uns et des autres



En attendant de pouvoir rencontrer l'amie (ou les amies) de David qui ont choisi de vivre leur maternité en solo, je me documente, je continue à réfléchir, et je m'aperçois que j'en parle beaucoup autour de moi, comme un sondage, comme pour repérer si je serai blâmé par mon entourage, et si beaucoup de partisans à la manif pour tous gravitent non loin de moi, prêt à se jeter toutes griffes dehors sur moi pour scander "un papa et une maman ou rien !"

Je me documente :

Qui raconte la PMA. Ça a quelques années, mais c'est brulant d'actualité - et un peu déprimant, car j'ai l'impression que rien n'a évolué depuis, on parle de cette loi bioéthique "imminente", et quelques années plus tard, c'est "imminent" tout pareil !
Mais on est complètement dans le concret et l'aspect technique des choses - sans oublier l'énorme part humaine. Et comment ces enfants qui n'existent pas encore prennent une place importante, et brisent parfois des vies.

Une femme, autrice, qui décide de faire une PMA après une énième rupture. Un roman autobiographique, un parcours ahurissant, une histoire extrêmement touchante. Je n'ai pas lu le livre, mais je suis saisie par son discours, je la trouve attachante. 
Dans son discours, beaucoup de "j'ai trouvé que ce n'était pas juste !". Oui, on n'a pas les mêmes trajectoires ni les mêmes cartes en main, pas les mêmes chances dans nos vies. Ça me parle et ça me touche.


Je me plonge dans ce roman qui se veut léger, sur une femme de 33 ans (ahah) qui décide qu'elle a 89 mois pour avoir un enfant. Je ne l'ai pas lu avec légèreté car difficile de ne pas s'identifier, surtout lorsque l'héroïne à le même âge, et globalement la même façon de penser !
En arriverais-je à coucher avec des géniteurs potentiels, avec le projet de disparaitre si ça fonctionne ?!
Le livre, classé en comédie romantique (trop moderne et trop ovni pour être ailleurs ?!) n'est pourtant ni vraiment l'un, ni vraiment l'autre. La fin est très ouverte, et laisse aux lecteurs la possibilité de se raconter leur propre histoire sur ce qui se passera vraiment.
J'ai bien aimé - ça reste toutefois une fiction.

Mais j'y trouve exprimée une question bien réelle : pourquoi, comment attendre *la* rencontre ? A quel moment, à mon âge, peut-on se laisser le temps de construire une histoire d'amour solide où viendraient prendre place des enfants ?! Une histoire ne se construit pas sur quelques mois. Un foyer ne se construit pas en quelques semaines. Faire des enfants trop tôt est un sacré coup de poker.
C'est, je crois, trop tard pour la famille dont je rêvais.
A 33 ans, je n'ai plus le temps de rencontrer, construire, fonder une famille. Je n'ai plus le temps de réaliser ce rêve.

Septembre et Octobre.

Je suis retournée à mes séances d'œnologie. 
J'ai hésité, car les fois précédentes, j'y allais avec Isaac.
Et puis justement : je me suis dit que je n'allais pas arrêter d'y aller parce que ça me faisait penser à lui. Au contraire, je devais construire de nouveaux souvenirs à la place ! 
Copine#1, avec qui de toute façon nous n'avons plus vraiment de relations - Isaac aura réussi à détruire cette amitié, avec ses insinuations et sa haine de cette fille - a décidé de ne plus m'y accompagner. Nous ne partageons désormais plus rien toutes les deux, et nous ne nous voyons quasi plus.

J'envisage d'y aller seule.

Puis finalement, j'y vais avec un ami de mon groupe de méditation, que, suite à diverses mésaventures, j'ai fini par appeler "Papa ours". Ce qui nous fait mourir de rire tous les deux.
Je passerai une excellente soirée : je crois que c'est la meilleure soirée que j'ai passé là bas. Nous resterons d'ailleurs jusqu'à la fermeture sans voir passer le temps.

Je ne sais pas comment nous en arrivons à parler de mon projet de PMA. On se connait peu, pourtant. Je crois que c'est lui qui me demande si j'ai des enfants ou si j'en veux. Et l'alcool aidant, je lui déballe ce désir, le projet PMA, les questions, les doutes, les peurs.
Papa ours est un grand gaillard, de type bucheron sympathique. Il rigole tout le temps, et ses yeux se plissent au dessus de sa grosse barbe rousse. Il a l'âge d'être mon père, et je trouve d'ailleurs en lui un côté paternaliste rassurant. Il me parle de ses enfants, du bonheur que ça a été pour lui.
Il me dit "N'hésites pas. Ton projet est beau. Et faire des enfants à deux... Tu sais je me suis séparée de ma femme peu après la naissance du 2e. C'était une personne formidable, mais à ce moment là, elle a agit comme une vraie conne. On s'est déchiré. Nos enfants étaient au milieu de tout ça. Alors l'idée que des enfants sont plus heureux avec un papa et une maman... Ca me fait bien marrer".

Il me dit que lorsque tu as des enfants, tu fais ce qu'il y a à faire pour eux, point barre.
Ma mère m'a dit la même chose, lorsque je lui en ai parlé. Inquiète, je lui avais dit "Mais imagine... Regarde la fois où je me suis coupé en pétant mon carrelage. J'aurais fait comment, si j'avais eu un enfant, avec ma main qui pissait le sang ?!"
Elle avait rit : "Tu aurais fait avec. Et tu ne te serais pas posé la question !"
Elle m'a raconté cette fois, lorsque mon frère avait 2 ans ou 3 ans. Mon beau-père était venu l'agresser en bas de son immeuble. Il lui avait arraché des touffes de cheveux, l'avait jeté par terre, poussé contre la porte, l'avait insulté devant mon petit frère. Tout s'est passé en bas de l'immeuble mais aucun voisin n'était sorti, personne n'avait accepté d'être témoin, personne n'a appelé la police ou les secours. 
Ma mère s'était calmement rendu aux urgences avec mon petit frère, l'avait rassuré, lui avait dit que ça allait, elle avait joué avec lui dans la salle d'attente, elle avait dédramatisé le sang et les 7 points de suture, elle lui avait fait à manger le soir, l'avait couché et raconté une histoire.
Puis, lorsqu'il s'était endormi, son corps avait lâché, elle s'était effondrée au lit, avec l'impression d'avoir été renversé par un 33 tonnes. Elle a été arrêté plusieurs jours. Mais elle a continué à faire le job avec mon frangin.
Elle termine son histoire en disant "Tu ne te poses pas la question : tu fais les choses. C'est tout".

Je comprends.
Je repense à cette fois où j'ai été garder les filles d'une collègue, j'avais une migraine à m'ouvrir le crane avec les ongles - arrivée chez elles, je me suis occupée des filles, je les ai douché, couché, j'ai déjoué les tentatives de négociation d'heures de coucher "On ne se couche pas comme les humains, on est des panthères, graouh !". "Ah ! Ca tombe bien, je suis gardienne de zoo ! Dans vos cages les félines !". J'ai raconté des histoires en faisant des voix, j'ai hululé comme un hibou, hurlé comme un loup, puis lu l'histoire de Tchoupi qui s'habillait tout seul. Lorsque je suis repartie et que je me suis installée devant mon volant, la migraine est revenue au premier plan, si brutalement que j'ai cru que j'allais en vomir.
Un temps pour tout.
Tout comme cette fois où j'avais une gastro à en crever, mais que je devais bosser 10h d'affilées un 23 décembre à la caisse d'un Hall du Livres.
C'était juste pas négociable : il fallait le faire, oublier l'envie de se vider, et tenir jusqu'au soir.
Et je l'avais fait - tout simplement parce qu'il le fallait.

Peut-être qu'en réalité, je saurai faire.
Oui, je crois que j'ai ça en moi.

Puis j'aborde le sujet avec Claire, une jeune médecin qui vient régulièrement loger chez moi en Airbnb depuis plusieurs mois. Elle est drôle et sympathique, elle adore mon chat (qui lui rend bien), et elle a des pieds magnifiques que je lorgne, émue, lorsqu'elle enlève ses chaussures. Désormais on se tutoie, et on mange ensemble dans de joyeux éclats de rires lorsqu'elle vient.
Je suis intéressé par son avis, forcément teinté par son métier. Je m'attends à rencontrer la première personne hostile, depuis le début de mon "sondage".
Elle me fera néanmoins une réponse parfaitement inattendue ; elle haussera les épaules, et dira :
- Tu sais, je pense qu'avoir un projet d'enfants seule, le préparer de cette façon, c'est une bonne façon de faire. Si c'est prévu ainsi dès le départ, tu le vivras bien - bien mieux que si tu te faisais quitter pendant ta grossesse ou après la naissance ! Tu sais où tu vas dès le départ.

La semaine suivante, je parle avec ma prof de sport, dans le vestiaire. On est seules et je suis un peu froide parce que je ne l'aime pas beaucoup ; je la trouve bruyante et vulgaire, et je ne supporte pas sa façon de ne pas réussir à prononcer correctement "milieux". Ca m'exaspère, à chaque cours elle beugle "Mettez votre barre au miyeux", et je grogne systématiquement "miLieux bordel, c'est pas dur, milllllieux !"
Pourtant seule à seule, la conversation est agréable et je me détend. Elle sort de la douche nue, ses seins en avant (ah ! J'étais certaine qu'ils étaient refaits !), et puis sans crier gare, alors qu'on ne se connait pas, elle me parle de ses enfants, ados, qu'elle élève seule et sans aucunes aides. Son mec l'a largué et l'a menacé : si elle dit au juge qu'il ne lui donne aucune pension alimentaire, il lui fera du mal. Alors pour avoir la paix, elle se débrouille sans. Elle ne touche que son smic de la salle de sport, n'a pas droit aux aides de la caf, rien du tout.
Epouvantée, je l'écoute, mais je comprends - même si ça me révolte. Peut-être qu'en faisant ça, elle évite l'agression en bas de son immeuble, les points de suture à l'hôpital, et la plainte classée sans suite faute de témoins.
Je me dis qu'en effet, mieux vaut faire des enfants seule que de se retrouver dans cette situation.
Elle me dit qu'elle ne veut plus d'hommes dans sa vie, que ça la terrifie, qu'elle ne veut surtout pas risquer de revivre ça.
Elle me demande si j'ai des enfants, si j'en veux.
Confidence pour confidence, je lui parle de ce désir, de ce questionnement sur la PMA. De mes doutes, aussi : comment faire avec mes horaires de boulot ? Avec mon budget ? Avec ma vie ?
Même réponse : "Tu trouveras. On trouve toujours"
Elle approuve complètement l'idée. Elle est archi convaincue.
"De plus, si tu fais des enfants toute seule, tu toucheras le pactole : contrairement à moi, tu auras droit à toutes les aides. Tu t'en sortiras c'est certain !"

On discute joyeusement de tout ça, et sa confiance me fait un bien fou. Elle a raison. 
Et, par ailleurs, enlever de l'équation un homme, c'est retirer les emmerdes potentielles. Oh, c'est un sacré sacrifice, je ne dis pas le contraire : en échange de la famille, du père, du couple de parents, il n'y aura personne. Certes, ça enlève la possibilité d'être quittée, de jeter un enfant au milieu de crises de couples, ça enlève les séparations potentielles et douloureuses.
Ça enlève aussi, sans doute, les ascenseurs émotionnels.
Il y a du pour, il y a du contre.
Il y a du négatif des deux côtés. Des sacrifices des deux côtés.
Ma prof de sport est convaincue, et cette conversation me fait chaud au cœur. Elle me dit "c'est drôle qu'on discute de ça alors qu'on se connait à peine". 
Je me disais exactement la même chose.
"Je crois qu'il n'y a pas de hasard dans la vie. Les choses se mettront en place d'elles mêmes".
Je commence à le croire aussi.

vendredi 1 janvier 2021

366 jours de petits bonheurs

 
Cette drôle d'année s'achève à l'image de ce qu'elle a été : bizarre, différente, pleine d'événements inattendus et d'émotions contradictoires.
Une année où, pour la première fois, j'ai passé noël seule, loin de ma famille.
Je craignais cette solitude, d'autant plus que c'est une fête que j'adore, et qui est importante pour moi : après des années de noëls pourris pendant mon enfance, j'ai, rageusement, réappris à l'aimer. 
Copine#3, qui veille discrètement sur moi (comme je m'en suis aperçu cette année), a insisté pour que je ne reste pas seule. Et j'ai trouvé une très belle façon de fêter cette nuit spéciale : l'une des personne avec qui je fais de la méditation, qui habite mon village, était seule également à noël. Je lui ai proposé un réveillon toutes les deux, et nous avons passé un excellent moment. Elle m'a remercié chaleureusement de mon idée, et moi j'étais ravie qu'on puisse partager ce moment ensemble.
Envers et contre tout, on peut toujours faire quelque chose, même si ce n'est pas ce qu'on avait prévu initialement.

Etonnamment, il y a un certain apaisement à réaliser qu'on a tous vécu les mêmes choses : pandémie mondiale, pays bouclé, confinements... Certes, on ne les a pas vécu de la même façon, et certains l'ont mieux vécu que d'autre... mais n'est-ce pas le cas de toutes les expériences ?!
Beaucoup de gens s'accordent à dire que c'est la pire année, qu'il n'y a rien à retenir, que tout était pourri, rien n'était comme d'habitude...
Quel bilan pour 2020 ? Quand j'ajoute à cette année l'autre apocalypse, celle de ma vie personnelle, le burn-out, les insupportables rebondissements de l'histoire d'Isaac, les confinements, les questionnements sans fin, les semaines de détresse, et la douleur, moral et physique. Le sentiment aujourd'hui de m'être perdu, de ne plus savoir qui je suis, qui j'ai été, poussée dans mes derniers retranchements.

Et pourtant, il y a aussi eu tellement d'autres choses !
A commencer par ces petits bonheurs, que je note chaque jour, et qui ont transformé ma vision de la vie. 
Personne n'a eu l'idée de m'offrir de calendrier cette année, qu'importe, je me ferai ce cadeau à moi-même, pour garder cette belle habitude.
Mais aussi l'annonce de la (peut-être) mort prochaine de mon oncle, qui a débloqué beaucoup de chose, et notamment l'envie de m'élever, et de parler de ce que j'avais vécu - ce qui a bouleversé énormément de choses, dans ma famille, dans ma relations aux autres, et surtout dans ma façon de me considérer.
De nombreux accomplissements professionnels, (dont certains dont je parlerai bientôt), et cette certitude, indéniable, que j'ai évolué, en dépit des expériences désagréables que j'ai pu vivre.
Des remises en question, qui n'ont pas été inutiles, bien au contraire.
La méditation, que je continue d'explorer, et qui m'a apporté un cercle d'amis inattendu et d'une bienveillance sans limite - noël en a été un excellent exemple.
Des confinements : si le premier a été extrêmement angoissant, quoique atténué par de très beaux moments avec Isaac (qui n'ont sans doute été que des mensonges, mais qu'importe), le second m'a apporté une sécurité et un apaisement qui m'a fait beaucoup de bien. Cette simple phrase "J'ai déjà vécu ça, et j'y ai survécu, et ce n'est pas la fin du monde", a suffit à calmer mes angoisses. Et je ne crains désormais plus un (très probable) 3e confinement. 
Ca m'interroge même sur moi même : est-ce qu'au final je ne passe pas plus de temps à me rendre malade de terreur pour des choses que je ne connais pas, sans prendre le temps réellement de les appréhender rationnellement ? Questionnement à creuser.

Restent quelques soucis, dont ma grand-mère, qui s'est remise de son AVC mais sombre dans une assez profonde dépression. Pour tenter de redonner un peu de couleurs à son quotidien, je lui créé chaque mois des box surprises, avec livres, activités créatives, gourmandises et goodies. Je me dis que peut-être, si j'arrive ne serait-ce qu'à stimuler sa curiosité, et l'amener à attendre la box du mois suivants, j'aurais déjà un peu gagné.

- Peindre une trentaine de toile pour faire une expo. Clairement, ce dernier objectif est un ratage : j'ai peint 5 toiles, dont 3 que j'ai donné  à Isaac - les plus intéressantes et prometteuses. Depuis, je n'ai pas retouché un pinceau. J'en suis incapable, et surtout, je n'en ai pas l'envie, même si mon esprit foisonne d'idées que j'aimerai explorer. Pas maintenant. Je ne peux pas. 
- Rénover chez moi (une pièce ou un étage) : objectif que je traine depuis un an et demi et qui est loin d'être atteint.
- Les objectifs de voyage(s) et d'activités ont été torpillés par le covid. 
Bilan : Il va me falloir avoir des ambitions moins élevées !

Pour autant, mes résolutions 2021 sont en réalité assez réduites : il s'agit de faire le point, trier, réduire mes implications, retrouver du temps pour moi. 
En effet, je travaille à temps plein, mais aussi : je fais partie de 2 associations où je suis extrêmement active, je fais du sport, je suis jury dans 3 prix littéraires, je fais partie de 2 groupes de méditation (dont un où l'on anime à tour de rôle les séances, ce qui nécessite de la préparation), je vais courir avec des collègues (et nous avons quelques objectifs ambitieux), je rénove ma maison, j'écris un roman avec des collègues, je vais beaucoup au théâtre, je sors beaucoup avec mes amis, je donne des cours, j'ai commencé à donner des formations, et j'ai demandé à être médiatrice de table-rondes littéraires en 2021.
Pour résumer : le temps me manque.

De nouveau, j'ai commencé à ressentir cette panique face à tout ce que je dois faire.
Parallèlement, je réfléchis très sérieusement à faire une PMA en célibataire, et il est évident que mon train de vie actuel est totalement incompatible avec ce projet.
C'est pourquoi je dois me recentrer. 

...Et le blog n'a peut-être plus la place centrale que je lui accordais il y a encore quelques mois. En 2020, j'ai remis en cause l'avenir de ce blog, pour finalement conclure qu'il devait continuer. Je ne regrette pas du tout ma décision, et Mademoiselle B. va continuer à exister ! 
Mais peut-être pas de la même façon. J'ai l'impression de n'avoir plus grand chose à partager.
- Cet espace, c'est toi, c'est ta vie. Si tu me dis qu'il n'y a plus rien d'intéressant, tu commences à m'inquiéter ! (m'a dit Morgueil)
- Ce n'est pas ça... C'est juste que.... Avec tout ce que j'ai traversé, j'arrive à une période d'apaisement...
- L'apocalypse est fini...
- Exactement ! ...Et peut-être que le "après l'apocalypse", ce n'est pas très intéressant. Après tout, tous les textes s'arrêtent à l'apocalypse, même quand il y a un "après", même quand il reste un couple d'humains et quelques dieux nordiques, rien n'écrit "l'après".. Ce n'est peut-être pas pour rien ?!

Actuellement, il me reste à suivre le fil rouge sur la PMA, et clore le chapitre microkiné. Un ou deux articles à écrire... Et après cela, je ne suis pas certaine d'avoir beaucoup à dire.
L'avenir nous le dira !
Car j'aimerai également concentrer mon écriture sur d'autres projets : projet de roman, en l'occurrence. Outre celui que l'on écrit, pour le plaisir, avec mes collègues (et qui est certainement impubliable), j'aimerais mener quelques projets littéraires. J'ai un texte en cours, et des dizaines d'autre en tête.
Et puis, après avoir écrit une rédaction pour Morgueil (qui est prof de français), et que celui-ci, prenant très au sérieux un exercice que je faisais pour rire, l'a fait lire à ses élèves, et m'a partagé leurs réactions très enthousiastes et extrêmement touchantes, je me suis aussi dit (repensant à cette occasion à une suggestion de ma cousine) que peut-être, je pourrais me plaire dans la littérature jeunesse.
Bref, j'aimerais tenter au moins l'exercice, sinon ma chance !

Voilà mon bilan 2020, et déjà les projets 2021. Je remarque que mes bilans sont de plus en plus apaisés - c'est reposant !
Il reste des questions (qui suis-je ?), il reste des défis, il y a des projets, et il y aura des décisions à prendre.
Ca a été une belle année malgré tout, et la vie continue.

Bonne année à tous !