jeudi 26 janvier 2023

La non-histoire de Jean-Gilbert et moi (et Gertrude) 2/2

La non-histoire de Jean-Gilbert et moi (et Gertrude) : Partie 1

En octobre, j'ai passé un week-end avec Jean-Gilbert. 
Nous nous sommes retrouvés pour un festival littéraire, et avons cohabité deux jours dans un appartement minuscule. 
Ça m'a rappelé ces vieilles histoires : plus d'une fois, nous avions dormi tous les 3 dans la chambre étudiante de Gertrude en sortant de boite. Ce temps très lointain où ma peau n'était pas tatouée - j'étais une autre.

vendredi 13 janvier 2023

La non-histoire de Jean-Gilbert et moi (et Gertrude) 1/2

 J'ai rencontré Jean-Gilbert à vingt ans. 
Non, correction : Jean-Gilbert m'a été présenté.

J'étais en pleine crise d'orientation, je sortais de deux ans aux beaux-arts, étant désormais persuadée que ce n'était pas ma voie, mais incapable de savoir laquelle choisir. Comment choisir ce que je ferai toute ma vie ?!
J'avais fait une année de fac pour ne pas rester inactive, je travaillais en même temps dans un restaurant et je faisais des inventaires la nuit. J'étais épuisée, perdue, et persuadée, avec toutes mes inébranlables certitudes de jeune adule, d'avoir entièrement et irrémédiablement ratée ma vie, pour toujours.

J'étais resté en contact avec Gertrude, une copine de lycée - ou plutôt, celle-ci était restée en contact avec moi. Et c'est elle qui m'avait présenté Jean-Gilbert. « Vous êtes fait pour vous entendre ! Il est célibataire, et vous iriez trop bien ensemble ! »

Ca aurait pu se passer aussi simplement que ça.

samedi 31 décembre 2022

Le Bilan 2022. Au seuil d'une nouvelle vie ?

Une année se termine, une nouvelle va commencer. 

Parfois je me dis que la vie est une succession d'échéances, de dates anniversaire, de chiffres. 

C'est aussi, obviously, des changements.
Ceux qu'on subit, ou ceux qu'on provoque.

Est ce que le passage à une nouvelle année revêt une réelle importance ? Qu'est ce que le Nouvel An, sinon un symbole, qui nous permet d'apprécier l'illusion d'un nouveau départ, l'impression de contrôle,  ou simplement l'opportunité de mobiliser notre volonté pour effectuer des changements - également nommés "résolutions" ? 
Certains de nos rituels sociaux me laissent vraiment perplexe. 

Je suis néanmoins la première à apprécier l'exercice du bilan.
(D'où peut-être cette soudaine interrogation quant à son utilité).

Et donc, la vie serait-elle une succession de chiffres, disais-je : 

jeudi 1 décembre 2022

Maxence le jardinier

Spoiler alert : Maxence ne s'appelle absolument pas Maxence, et n'est pas du tout jardinier.

Mais si je devais être honnête, je devrais dire "Je-ne-sais-pas-son-nom-et-il-est-élagueur", ce qui ne ferait pas un très bon titre d'article.

jeudi 17 novembre 2022

L'Agence Matrimoniale : Entretien avec le médiateur

 Après le mail de réponse qui disait que la médiation était légitime et acceptée, il y a eu un petit délai. J'ai appris plus tard qu'il s'agissait du temps nécessaire pour qu'ils contactent l'agence, et leur fassent passer un entretien.

Ce fut ensuite mon tour - mais j'ignorai alors que le directeur de l'Agence avait donné sa version des faits.

samedi 22 octobre 2022

Le jour où j'ai été à un concert avec Mademoiselle B. adolescente


Quand j'étais ado, je suis passée par différentes phases. Appelons ça pompeusement "la recherche de soi" si on veut. Je ne sais pas s'il y a un meilleur terme pour désigner les looks qu'on s'inflige, avec l'impression perpétuelle et insupportable d'être tellement incompris. 

Après le look shorts en velours et collants de laines blancs (6e, début 5e), j'ai eu ma formidable période "bucheron" : des chemises à carreaux (homme), taille XL au moins, sur mon corps d'ado à la croissance arrêtée à 1m55 pour 42 kg à l'époque. Et je me maquillais d'un fard à paupière liquide lavande nacrée de chez Yves Rocher. 
Et puis sans transition, à l'hiver de mon année de 4e, j'ai viré fashionista : crop-top, jean moulants à la pointe de la mode, un look du tonnerre. Et étonnamment, je suis devenue nettement moins impopulaire (et beaucoup de garçons voulaient sortir avec moi).
Puis ce n'est plus très clair dans ma tête : à partir de la 3e-2nd, il y a eu ma période punk, où j'ai quasi rasé mes cheveux et je portais des fringues déchirés, des colliers de cuir, et où mon tee-shirt "Punk's not dead" n'a pas été très apprécié dans mon bahut catholique. J'ai ensuite (ou pendant ?) viré plutôt métal-gothique - et là, ce sont mes tee-shirt "Satan's slut" qui m'ont valu un petit tour dans le bureau de la direction. J'ai fait quelques piercings, et je me suis sentie à mon aise, dans ces looks noirs, piercés, tatoués, et avec du rock en fond sonore.

C'est à ce moment-là, pendant ma 3e, que Maxime (de son vrai nom), un gars de ma classe qui n'était pas vraiment populaire, mais pas complètement un looser (un peu comme moi, à ce moment de ma scolarité, qui avait quitté depuis quelques temps la strate boueuse des souffre-douleurs - mais ma condition restait fragile), m'a dit : "Hey, t'as vu ce nouveau groupe qui vient de sortir ?"

Sum 41 débarquait sur les radios avec l'album All killer no filler.