lundi 4 juin 2018

Voyage à La Nouvelle Orléans (5/8) : Mardi et Mercredi, et soirée avec Glenn

Du coup lorsque je me suis levée, j’ai été, à mon tour, petit déjeuner seule.
Mais ça allait : j’ai embarqué un livre, je me suis fait un porridge avec des fruits frais et une infusion d’hibiscus, et j’étais au top.
Chris m’a rejoint. On a discuté. Je ne savais pas comment agir avec lui. Est-ce que je peux avoir des gestes d’affection ? Est-ce que c’était une histoire d’une nuit ?
Finalement, on a juste bavardé.


De retour dans la chambre, je me suis sentie obligée de proposer à mon binôme de sortir : il n’avait ni cartes, ni rien, aucunes envies, bref, il comptait sur moi, et ça me culpabilisait de lui dire que ça me pesait de prendre toutes les décisions.
On est retourné au centre ville, on s’est baladé. On a été manger des beignets au Café du monde, un des symboles de NOLA.
Et ils étaient SUPER bons.
Mieux : Ils faisaient des jus d’orange pressés. Avec des vrais fruits (et pas des pseudos jus de fruits avec 100% de sucre ajoutés). J’étais aux anges.

Nous sommes rentrés assez tard, et avons eu la surprise de voir que c’était soirée fajitas-veggie.
J’étais enchantée – souvent, mon bonheur tiens à un bon repas – et j’ai proposée à mon binôme de s’installer à table, dehors, avec les autres. Il a ronchonné, mais je l’ai coupé en lui disant « Attends, je te présente ». Il y avait Chris, Eric, et Mitsy. Et puis sont arrivés Glenn, un américain d’une cinquantaine d’année, et Miguel, un sublime brésilien. On a discuté tous ensemble, et on a passé un bon moment. Finalement, mon binôme a fini par sortir de sa carapace, et à discuter un peu. Bon, j’avais parfois franchement honte de lui (la blague « Ah tu es brésilien… Tu étais brésilienne et tu t’es fait opérer ? », j’avoue que j’ai eu envie de le gifler).
Glenn parlait très posément, en articulant bien, et c’était un plaisir de discuter avec lui. En plus il était adorable, et nous a même lancé dans la soirée : « What’s "Love" for you ? ».
On s’est donc lancé dans un débat philosophique de ouf, à dire ce que c’était pour nous. Moi, caricature de nunuche, de dire que c’est les papillons dans le ventre. Chris, qui a dit penser que ça n’existait pas, pendant que je réprimais une grimace. Glenn a rigolé « Toi, tu dois passer ton temps à enchainer les filles ! 2, 3 par jour, non ? ».
Regard embarrassé de Chris, qui a balbutié « Oh…. Je n’ai pas à me plaindre… »… Pendant que j’étouffais un fou rire en regardant la porte de la laverie, à quelques mètres de là.
Miguel, qui parlait moins que les autres, a dit que pour lui, c’est ne voir que l’autre, et personne d’autre. 

Ensuite, je ne sais comment, la conversation a dérivé sur la tromperie. Evidemment, moi j’étais déjà prête à m’enflammer sur le sujet. Glenn nous a raconté que l’un de ses meilleurs amis a trompé sa femme, et celle-ci l’a su. Sa réaction ? Elle l’a attendu un soir, dîner aux chandelles et petit déshabillé transparent. A la fin du repas, elle lui a dit « Ferme les yeux ». Elle s’est assise sur ses genoux, puis lui a mis un gros couteau de boucher sous la gorge en lui disant d’ouvrir les yeux : « La prochaine fois que tu me trompes, je t’égorge ».
(Cette femme est mon héroïne. Je veux la rencontrer).
Epouvanté, l’homme a quitté la maison. Il a appelé Glenn, lui a dit « Ma femme est folle, elle m’a mis un couteau sous la gorge ! ». Glenn lui a demandé pourquoi. Et lorsqu’il a su toute l’histoire, il lui a dit que sa femme avait eu bien raison, que c’était un imbécile, et qu’il devait retourner chez lui s’excuser à plate coutures.
(Glenn est aussi devenu mon héros ce soir là)
Miguel a dit qu’il ne comprenait pas la tromperie, que ce n’était pourtant pas si compliqué d’être honnête. Que lui, il avait été trompé. Et aussi, chaque fois qu’il rencontre des filles, elles sont mariés, ou en couple, mais elles lui disent « C’est pas grave, passons du bon temps ! », et ça le révulse. Il n’arrive pas à comprendre.
J’ai soupiré : « Il est beau et il dit des belles choses ».
Glenn, qui est un mec super, lui a dit « Un jour tu trouveras, mec ! », en le tenant par l’épaule. Et Miguel de soupirer « J’espère ! ».
C’était beau, puissant, c’était de la bienveillance ordinaire. J’étais émue, et je me sentais pleine d’amour moi aussi (oui, j'avais déjà un verre dans le nez).

Et puis les groupes ont commencés à bouger : il est 22h, qui fait quoi, où allons nous faire la fête ?!
Je ne sais trop comment, j’ai parlé de vins avec Glenn, et il a trouvé sur internet un bar à vin, à deux rues de là. A 400 mètres très exactement. Il a proposé à Chris de nous accompagner, mais celui-ci a dit qu’il préférait partir avec un plus gros groupe. Glenn a coupé court : « Ok, moi j’ai envie de boire du vin ! Allez, on y va ! ».
On est donc parti tous les deux.
Là, Glenn de me faire « J’appelle un taxi ».
Et moi : « QUOI ? Mais c’est pas à 400 mètres ? »
Glenn : « Si si »
Donc pour un américain, tu prends un taxi pour faire 400 mètres.
NON MAIS CA VA PAS LA TETE ??
J’ai dit non, il a semblé surpris que j'accepte de marcher jusqu'au bar à vin, et nous sommes donc partis à la recherche de cet endroit.
Qui était donc effectivement à 5 min à pieds.
Super joli, une déco très industrielle, mais tout en étant hyper chaleureux. On a bu du vin américain, ce que je trouvais particulièrement drôle - quoique un poil décevant, même si je m'y attendais, car les vins que j'ai goûté étaient vraiment très fades en comparaison des vins français.

Evidemment, Glenn a tout payé.
On a beaucoup discuté tous les deux, et c'était vraiment très agréable. Je ne sais trop comment, il m'a fait parler de Charles-Henri, et raconter mon histoire en anglais, avec un coup dans le nez, ça m'a mise dans un état terrible. Glenn m'a pris la main, m'a dit que nous devrions arrêter de parler de ça, parce que clairement, je n'étais pas prête.
Alors on a parlé d'autres choses. Il était à l'écoute, et attentionné, et bienveillant. Je me suis laissé aller à lui parler de mes craintes, mes peurs, mes difficultés sentimentales.
Et puis il m'a dit « What you want ? What you really want ? »
C'était marrant comme question. Il était très très sérieux. J'ai réfléchit très sérieusement moi aussi. J'avais l'impression que cette question, c'était la question la plus importante du monde, et que je devais y répondre très soigneusement.
Alors je l'ai fait, comme on fait un vœu, comme si Glenn avait le pouvoir d'exaucer mes prières.
Il a acquiescé, et nous sommes rentrés à l'auberge. Il n'était pas très tard, minuit peut-être. On s'est salué avant de partir nous coucher.

Le lendemain, mon binôme était moyennement causant. 
Le matin, je suis partie seule visiter un peu la ville. Le soleil était écrasant.
Puis j'ai été lire près de la piscine de l'auberge.
Avant de rejoindre mon binôme pour aller visiter le Musée d'Art de la ville. 
Le chemin a été pesant jusque là bas. On ne s'est pas parlé pendant la visite, ni au retour. C'était pesant, pesant, pesant. 
En plus il faisait un froid de canard dans ce musée, je crevais de froid, il devait faire 15°C (alors qu'il en faisait le double à l'extérieur). A cela s'ajoutais que les collections étaient très moyennes - ce qui m'a le plus intéressé était en dernier, mais j'étais déjà transie, à me dire que j'allais mourir d'une pneumonie, et je voulais finir le plus vite possible.

On est rentré tranquillou après ça, et j'ai mis un temps infini à me réchauffer. C'est seulement lorsqu'on est arrivé à l'auberge qu'on a papoté un peu, avec mon binôme. 
Et là, on a croisé Chris et Miguel.
(à suivre)

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